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Chakib Ben Mustapha : les orientations générales du budget 2027 alternent grands objectifs stratégiques et politiques d’austérité strictes

today27/04/2026

Arrière-plan

L’expert économique Chakib Ben Mustapha a affirmé que les orientations générales du budget 2027, fondées sur la circulaire de la présidence du gouvernement relative à la préparation du budget de l’État, combinent de grands objectifs stratégiques — tels que le renforcement de la souveraineté nationale, l’atteinte de l’autosuffisance et la promotion du développement régional — tout en s’inscrivant dans des politiques d’austérité strictes reposant sur la rationalisation des dépenses et la réduction des charges publiques. Cela pose la problématique de concilier ambition et moyens.

Il a indiqué, au micro d’Expresso, ce 27 avril 2026, que la méthodologie adoptée pour l’élaboration du budget, théoriquement basée sur des propositions locales et régionales, se heurte à une réalité administrative marquée par une forte centralisation. Cela soulève des interrogations quant à la capacité des conseils locaux et régionaux à concevoir des projets de développement concrets et réalisables.

Il a également insisté sur l’importance du plan de développement 2026-2030, qui n’a pas encore été présenté, bien qu’il constitue le cadre de référence des investissements publics pour les années à venir. Selon lui, ce retard représente une perte de temps et d’opportunités économiques, d’autant que l’élaboration du budget devrait s’appuyer sur une vision claire et intégrée.

L’expert a estimé que l’orientation consistant à privilégier les projets ayant achevé leurs études de faisabilité et disposant de financements est, en principe, positive, mais que son efficacité reste conditionnée par la disponibilité du plan de développement final définissant précisément les priorités de l’État.

Il a par ailleurs expliqué que la masse salariale a atteint des niveaux record ces dernières années, avant d’enregistrer un léger recul, soulignant la volonté du gouvernement de mieux la maîtriser. Toutefois, cette orientation se heurte, selon lui, à un contexte social complexe, marqué par la hausse du coût de la vie et l’augmentation des attentes des fonctionnaires en matière de promotions et d’augmentations. Il a aussi relevé l’absence de visibilité concernant les recrutements dans la fonction publique, malgré des opérations de régularisation de la situation des agents contractuels dans plusieurs secteurs, ce qui accentue l’incertitude chez les demandeurs d’emploi.

Ben Mustapha a également souligné que l’un des principaux défis du budget 2026 réside dans la hausse des prix du pétrole à l’échelle mondiale, les hypothèses budgétaires ayant été établies sur des niveaux bien inférieurs aux prix actuels. Cela oblige l’État à supporter des coûts supplémentaires pour subventionner les carburants, pouvant atteindre plusieurs milliards de dinars par an. Il a ajouté que cette situation devrait perdurer en raison des tensions géopolitiques, avec des répercussions directes sur le déficit budgétaire et la croissance.

Il a estimé que l’impact des mesures d’austérité dans certaines administrations reste limité à l’échelle globale et ne peut contribuer de manière significative à la réduction du déficit, apparaissant davantage comme une volonté symbolique d’instaurer une culture de sobriété au sein de l’administration.

L’expert a également relevé l’absence de référence au rôle du secteur privé, de l’investissement et des exportations dans les orientations annoncées, alors qu’ils constituent des moteurs essentiels de la croissance économique. Selon lui, cette omission soulève des interrogations quant à la cohérence et à l’exhaustivité de la vision économique.

Et de mettre en évidence le paradoxe entre la volonté de renforcer la souveraineté nationale et de réduire le recours à l’endettement extérieur, et la nécessité croissante de mobiliser des financements extérieurs pour soutenir les réserves en devises, qui restent limitées. Il a estimé que l’ensemble de ces défis fait de l’élaboration du budget 2027 un exercice délicat d’équilibre, dans un contexte économique mondial instable, nécessitant davantage de clarté dans la vision et une accélération du rythme des réformes.

Écrit par: Meher Kacem



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