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Moez Hadidane : la baisse de la dette extérieure s’explique par le recours accru à l’endettement intérieur

today26/06/2026

Arrière-plan

L’analyste financier Moez Hadidane a expliqué que les déclarations du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) concernant la volonté du pays de se défaire progressivement de sa dette concernent essentiellement la diminution du poids de la dette extérieure au profit d’un recours plus important à la dette intérieure

Il a indiqué, au micro de Midi Express, ce vendredi 26 juin 2026, que la dette publique totale est passée de 83 milliards de dinars en 2019 à 141 milliards de dinars en 2025. Il a toutefois souligné que sa structure a profondément évolué : en 2019, la dette extérieure représentait près de 70 % de l’endettement public contre 30 % pour la dette intérieure. En 2025, la tendance s’est pratiquement inversée, la dette intérieure représentant désormais 60 % du total, contre 40 % pour la dette extérieure.

L’analyste financier a également relevé que la dette extérieure a diminué en proportion du produit intérieur brut (PIB), passant de 47,7 % du PIB en 2019 à 32 % en 2025, ce qui explique, selon lui, les déclarations de la Banque centrale sur l’allègement du poids de l’endettement extérieur.

Une nouvelle stratégie de financement

Hadidane a estimé que cette évolution reflète un changement de la politique de financement de l’État.

Il a rappelé qu’en 2019, les nouveaux emprunts de l’État s’élevaient à 9,6 milliards de dinars, dont 7 milliards contractés à l’étranger et 2,6 milliards sur le marché intérieur.

En revanche, en 2025, l’État n’a emprunté que 3,8 milliards de dinars sur les marchés extérieurs, contre 21,8 milliards de dinars sur le marché domestique, entraînant ainsi une forte hausse de la dette intérieure et une baisse relative de la dette extérieure.

Les prêts de la BCT restent une dette

L’analyste a insisté sur le fait que les prêts accordés par la Banque centrale à l’État constituent de véritables dettes et ne doivent pas être considérés comme un simple transfert de ressources entre institutions publiques.

Il a précisé que ces financements sont comptabilisés comme des créances sur l’État, même lorsqu’ils sont accordés à un taux d’intérêt nul. Ces prêts sont consentis sur une durée de dix ans, avec trois années de grâce, tandis que la Banque centrale crée en contrepartie une nouvelle masse monétaire. Ils devront donc être remboursés à leur échéance.

Trouver un équilibre entre dette intérieure et dette extérieure

Selon Hadidane, si l’endettement intérieur permet de limiter les risques liés aux emprunts en devises, il contribue également à accroître la liquidité en dinars dans l’économie.

À l’inverse, les emprunts extérieurs apportent des réserves en devises indispensables au financement des importations et au règlement des engagements internationaux de la Tunisie. Il a ainsi plaidé pour un équilibre entre les deux modes de financement.

La fin d’une époque sur les marchés internationaux

Par ailleurs, Hadidane a annoncé que la Tunisie s’apprête à rembourser, le 15 juillet 2026, son dernier important emprunt contracté sur les marchés financiers internationaux.

Il s’agit d’un emprunt de 700 millions d’euros, levé en 2019. Le coût total de son remboursement, capital et intérêts compris, s’élèvera à environ 2,3 milliards de dinars.

Selon lui, cette échéance marque la fin d’une phase durant laquelle la Tunisie recourait directement aux marchés financiers internationaux pour financer ses besoins.

Écrit par: Meher Kacem



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