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Agriculture : Leith Ben Becher appelle à renforcer le rôle de l’État en matière d’organisation et d’anticipation

today19/05/2026

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Leith Ben Becher, président d’honneur du syndicat des agriculteurs et l’un de ses fondateurs, a affirmé que le secteur des grandes cultures en Tunisie traverse une phase délicate nécessitant des réformes structurelles urgentes. Il a appelé à une révision des politiques agricoles et à un renforcement du rôle de l’État en matière d’organisation et d’anticipation, afin de garantir la durabilité de la production ainsi que la sécurité et la souveraineté alimentaires.

Il a souligné, au micro d’Expresso, ce mardi 19 mai 2026, que les grandes cultures constituent l’épine dorsale de l’agriculture tunisienne. Elles concernent principalement le blé dur, l’orge, le blé tendre ainsi que les cultures fourragères, des filières directement liées à la production animale, au lait et à la sécurité alimentaire nationale.

Il a expliqué que la spécificité de l’agriculture tunisienne réside dans l’interconnexion entre production végétale et production animale, la majorité des agriculteurs combinant les grandes cultures avec l’élevage, ce qui contribue à maintenir la résilience du système agricole malgré les difficultés accumulées.

Ben Becher a estimé que, malgré les indicateurs positifs de la saison actuelle en termes de pluviométrie et de production attendue, les défaillances structurelles du secteur céréalier persistent. Il a notamment évoqué le manque d’organisation durant les périodes de collecte, la complexité des procédures administratives et l’insuffisance de transparence dans les opérations de pesage et d’échantillonnage au sein des centres de collecte. Il a appelé à des mécanismes de contrôle plus stricts afin de garantir les droits des agriculteurs et préserver la qualité des produits.

Il a également dénoncé la forte pénurie d’ammonitrate, indispensable aux grandes cultures. Il a indiqué que la Tunisie consomme annuellement environ 200 000 tonnes de ce produit, alors que seulement 120 000 tonnes ont été disponibles cette saison, ce qui a affecté les rendements agricoles.

Ben Becher a aussi critiqué les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour accéder aux crédits saisonniers, expliquant que l’agriculture est désormais considérée comme un secteur à haut risque par les banques. Cette situation a entraîné une baisse des financements accordés à la production agricole, alors que les coûts des carburants, des engrais et des pesticides continuent d’augmenter.

Il a appelé à une révision du système des subventions agricoles et à l’accélération du versement des aides destinées à l’acquisition d’équipements et de matériels, estimant que les retards prolongés réduisent leur efficacité économique.

Il a enfin alerté sur la situation critique du secteur laitier, jugeant que l’ouverture aux importations de lait en poudre menace la production locale développée par la Tunisie depuis des décennies. Selon lui, l’effondrement de cette filière affecterait des milliers de familles ainsi que les centres de collecte et les industries liées au secteur.

Et d’affirmer que la souveraineté alimentaire ne doit pas rester un simple slogan, mais reposer sur une vision nationale claire fondée sur le dialogue avec les agriculteurs, l’amélioration de la gouvernance, la simplification des procédures et la garantie d’un approvisionnement régulier en intrants essentiels.

Écrit par: Meher Kacem



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