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Express Radio Le programme encours
today03/07/2026
La qualité des sols est devenue un enjeu stratégique pour l’avenir de l’agriculture. Pour améliorer les décisions des agriculteurs et des pouvoirs publics, la Tunisie renforce les compétences de ses laboratoires d’analyses des sols grâce à un vaste programme de formation déployé à l’échelle nationale.
Pilotée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en partenariat avec la Direction Générale de l’Aménagement et de la Conservation des Terres Agricoles (DGACTA), cette initiative vise à fiabiliser les analyses de fertilité des sols, une étape essentielle pour optimiser les rendements agricoles, préserver les ressources naturelles et renforcer la sécurité alimentaire.
Depuis avril 2026, trois sessions de formation ont permis d’accompagner les techniciens des laboratoires publics chargés de l’analyse des sols. L’objectif est clair : harmoniser les pratiques, améliorer la qualité des résultats et garantir des données fiables pour orienter les politiques agricoles.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SoilFER-VACS Framework – Enhancing Integrated Soil-Crop Management for Sustainable Food Systems in Africa (SoilFER), mis en œuvre par la FAO avec l’appui financier du Gouvernement du Japon.
Au total, 61 techniciens et cadres techniques, dont 43 femmes, ont été formés. Les bénéficiaires proviennent de la Direction des ressources en sols de la DGACTA ainsi que des 24 laboratoires régionaux relevant des Commissariats régionaux au développement agricole (CRDA), couvrant ainsi l’ensemble du territoire tunisien.
Les formations reposent sur les standards du Global Soil Laboratory Network (GLOSOLAN), référence internationale en matière d’analyses des sols.
Les participants ont été formés à toutes les étapes qui conditionnent la qualité des résultats : réception et identification des échantillons, enregistrement, séchage, tamisage, homogénéisation, sous-échantillonnage, conservation et stockage. L’approche a privilégié les exercices pratiques en laboratoire afin d’assurer une application immédiate des bonnes pratiques.
Le programme ne s’est pas limité aux techniques d’analyse. Une place importante a été accordée à la numérisation et à la gestion des données grâce à un système de gestion de l’information de laboratoire.
Cette solution permet d’améliorer la traçabilité des échantillons, de sécuriser les résultats analytiques et de fluidifier les procédures au sein des laboratoires, renforçant ainsi la fiabilité des informations produites.
Au-delà des laboratoires, le projet SoilFER ambitionne de moderniser toute la chaîne de production de l’information sur les sols, depuis les prélèvements sur le terrain jusqu’à la réalisation de cartes numériques de fertilité.
Ces données serviront à développer des outils d’aide à la décision destinés aux agriculteurs, aux services techniques et aux autorités publiques. Elles permettront notamment de mieux cibler les interventions agricoles, d’optimiser l’utilisation des intrants et de favoriser une gestion plus durable des ressources en sols.
À travers cette initiative, la FAO et ses partenaires misent sur une agriculture davantage fondée sur la donnée. Un levier devenu indispensable pour améliorer la productivité, renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires face aux changements climatiques et soutenir la sécurité alimentaire.
Nada MANSOUR
Écrit par: Meher Kacem