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Express Radio Le programme encours
today09/02/2026
Fethi Mejri, président de la Fédération nationale des communes tunisiennes, a affirmé que la situation actuelle de la gestion municipale en Tunisie constitue un précédent historique, les municipalités étant administrées pour la première fois exclusivement par les cadres administratifs, après la dissolution des conseils municipaux élus. Cette situation a engendré une forte pression sur les secrétaires généraux et l’ensemble des services municipaux, notamment dans un contexte marqué par l’augmentation des revendications citoyennes et la diminution des moyens disponibles.
Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce lundi 9 février 2026, que les municipalités traversent une phase transitoire, dans l’attente de la promulgation de la nouvelle loi organique des collectivités locales, laquelle ouvrira la voie à l’organisation de nouvelles élections municipales rétablissant la légitimité politique de l’action locale.
Il a souligné que la municipalité demeure l’institution de l’État la plus proche du citoyen, chargée des services quotidiens essentiels tels que la propreté, l’éclairage public, l’entretien des routes et des espaces verts, la lutte contre les insectes et les animaux errants, ainsi que la délivrance des autorisations administratives et de construction et la gestion de l’espace public. Il a estimé que la gestion des municipalités par les seuls secrétaires généraux a fait peser l’ensemble des responsabilités sur l’appareil administratif, désormais contraint d’assumer à la fois des missions exécutives et de contrôle, ce qui a parfois entraîné des retards dans les services ou une baisse des performances dans certaines régions.
Mejri a insisté sur le fait que la propreté n’est pas la seule responsabilité des municipalités, mais une responsabilité collective impliquant les citoyens, les établissements commerciaux et les structures publiques, aux côtés des municipalités et des instances de contrôle. Il a souligné que le respect des horaires de dépôt des déchets, leur bonne organisation et l’optimisation des ressources humaines et matérielles disponibles sont essentiels pour améliorer la situation environnementale, tout en notant que la faiblesse des moyens dans les petites municipalités récemment créées complique davantage la tâche.
Il a également révélé un déficit important en agents de la police municipale et de la garde municipale, chargés de faire respecter la réglementation, de lutter contre l’occupation anarchique des trottoirs, la construction illégale et les infractions environnementales. Ce manque, selon lui, a favorisé la prolifération des abus dans les villes et les quartiers populaires et a nui à l’efficacité de l’action municipale, malgré les prérogatives légales dont disposent les secrétaires généraux, équivalentes à celles des anciens maires.
Mejri a par ailleurs évoqué de fortes disparités financières entre les municipalités, précisant que plus de 60 d’entre elles disposent d’une situation financière relativement stable leur permettant d’assurer les services quotidiens et de réaliser des projets de développement, tandis que la majorité souffre d’un équilibre financier fragile, voire d’un déficit structurel, en particulier les petites municipalités nouvellement créées. Il a ajouté que l’extension urbaine et la classification de l’ensemble du territoire tunisien comme territoire municipal ont accru les responsabilités des collectivités locales sans compensation suffisante en ressources financières et humaines.
Il a souligné que les municipalités ne sont pas en mesure, à elles seules, de supporter le coût de l’entretien des infrastructures sportives municipales, qui nécessitent des ressources financières importantes et des compétences techniques spécialisées. À ce titre, il a proposé la création d’un office national central chargé de la maintenance des installations sportives, regroupant des ingénieurs et des techniciens spécialisés et financé par les contributions des municipalités, à l’image de ce qui existe dans plusieurs pays.
Et de conclure en affirmant que la solution fondamentale aux difficultés du travail municipal réside dans le rétablissement des conseils municipaux élus, considérés comme le lien entre l’administration et les citoyens, un outil de participation, de contrôle citoyen et d’amélioration du recouvrement fiscal en contrepartie de services de qualité. Il a insisté sur le fait que l’existence de conseils élus confère une plus grande légitimité aux décisions locales et encourage les citoyens à respecter leurs obligations, notamment le paiement des taxes municipales et le respect des règles encadrant l’espace public.
Écrit par: Meher Kacem
Fédération nationale des communes tunisiennes Municipalités