A la une

Maher Ketari : le projet de Code des Changes sera déposé au Parlement début de la semaine prochaine

today17/10/2025

Arrière-plan

Le député et membre de la commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Maher Ketari, a affirmé que le projet de Code des Changes est prêt, qu’il a recueilli les signatures des députés et qu’il sera déposé au bureau du registre du Parlement au début de la semaine prochaine (lundi ou mardi).

Ketari a précisé, au micro d’Expresso, ce vendredi 17 octobre 2025, que parmi les points du projet figurent la modification du concept de résidence, la gestion des comptes en devises, les plateformes et la monnaie numérique « Bitcoin », tels que prévus dans le nouveau Code des Changes, et que plusieurs procédures et obstacles ont été abandonnés.

Gabès : la santé des citoyens est la priorité

Par ailleurs, il a abordé la situation environnementale dans le gouvernorat de Gabès, en soulignant que la santé des citoyens est la priorité, et en exposant les graves problèmes de santé auxquels les habitants de la région sont confrontés.

Il a ajouté : « On ne peut pas s’opposer aux mouvements pacifiques, mais les problèmes concernent les mouvements nocturnes, ce qui est inacceptable. »

Le PLF 2026 manque d’une vision économique et d’une perspective future

Par ailleurs, Ketari a affirmé que « nous avions d’autres attentes du projet de loi de finances pour 2026, notamment en matière de balance commerciale et d’orientations, avec un changement de modèle économique et une nouvelle approche. Mais ce qui a été présenté est un ensemble de chapitres qui ne modifient ni le modèle économique ni la vision future. »

Et d’ajouter que le projet de loi prévoit « davantage de pression sur le secteur organisé, avec l’imposition de taxes et redevances supplémentaires, contrairement au secteur non structuré ».

Il a souligné l’absence de nouveau modèle économique et de vision future ainsi que le manque d’encouragement pour les régions intérieures, tout en reconnaissant que l’État fait des efforts importants pour maintenir les équilibres financiers.

Selon Ketari, le projet de loi de finances a été présenté « sans explication des motifs » et ne comporte aucun changement du modèle économique.

Ketari a critiqué le fait que l’État continue de fournir des fonds provenant des impôts aux établissements publics déficitaires d’année en année, sans améliorer leur gouvernance : « Nous continuons à donner de l’argent à des institutions défaillantes, alors que le changement de modèle économique passe par l’octroi de la moitié de ces montants aux jeunes qui cherchent à travailler ».

Il a poursuivi : « Cela entrave la réussite et encourage l’échec en parallèle… On ne peut pas toujours demander aux mêmes personnes de contribuer à l’effort national, chacun doit y participer ».

Il a également précisé que le secteur parallèle et non structuré représente environ 40 %, mais que le projet de loi ne comporte aucune disposition pour ce secteur, ce qui aurait permis de changer le modèle économique plutôt que d’augmenter continuellement les prélèvements.

Dépréciation du dinar

Ketari a évoqué la dépréciation continue du dinar, qui valait environ 1,9 dinar pour 1 dollar en 2010 et est tombé à 3 dinars pour 1 dollar aujourd’hui, signe du recul de l’économie nationale.

Il a averti que si cette tendance se poursuit, la Tunisie restera un pays du tiers-monde, rendant illusoire toute souveraineté nationale, et que cette situation pourrait mener à un flottement de la monnaie, comme cela a eu lieu en Égypte en 2016.

Concernant l’article 9 du PLF 2026, qui prévoit que le nombre total d’agents autorisés pour l’année 2026 dans les ministères (services centraux et régionaux) et les établissements publics rattachés au budget de l’État sera de 687 000 agents, Kettari a précisé que ce nombre représente une augmentation de 30 000 agents par rapport à 2025, soit 30 000 recrutements supplémentaires.

Diplômés et docteurs chômeurs

Le projet de loi ne comporte pas de dispositions concernant la situation des diplômés de l’enseignement supérieur et des docteurs chômeurs. Il se limite à la contribution des entreprises à hauteur de 100 % la première année, 80 % la deuxième année, jusqu’à 20 % la cinquième année, ce qui peut faciliter le recrutement si les entreprises suivent un modèle d’investissement progressif et si un climat économique et politique favorable est instauré.

Ketari a ajouté : « L’économie repose sur la confiance dans le climat d’investissement entre les différentes parties prenantes ».

Augmentation des salaires et pensions

Concernant l’augmentation des salaires et pensions pour 2026-2028, il estime qu’elle devrait être liée à l’inflation, à hauteur de 6 à 10 %.

L’article 15 du projet de loi prévoit une augmentation des salaires dans les secteurs public et privé pour 2026, 2027 et 2028, qui s’appliquera également aux pensions des retraités, et sera fixée par arrêté.

Industrie tunisienne

Ketari a souligné la nécessité de protéger l’industrie tunisienne en trouvant un équilibre entre réduction des droits de douane et protection de l’économie nationale. Il a évoqué la transition énergétique et proposé la création de « Fast Track » via des arrêtés spécifiques pour faciliter la réalisation de projets, étant donné le retard important.

Il a critiqué l’octroi d’une ligne de financement de 10 millions de dinars pour les petites entreprises et petits agriculteurs contre 200 millions pour les établissements publics, le jugeant déraisonnable.

Il a également abordé le « Foprolos » (fonds de promotion du logement pour les salariés), soulignant qu’il devrait cibler uniquement les zones intérieures à développer, plutôt que Tunis et les régions côtières.

Écrit par: Meher Kacem



Podcasts

Logo Express FM