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PLF 2025 : les hypothèses sont « ambitieuses » selon Mohamed Salah Ayari

today20/10/2025

Arrière-plan

L’expert fiscal et membre de l’Union arabe des experts en fiscalité, Mohamed Salah Ayari, a indiqué que le taux de croissance inclus dans le projet de loi de finances 2025 (PLF 2025) (hypothèse de croissance de 3,2 %) est « ambitieux », affirmant que selon les estimations, l’État réalisera 2,6 % de croissance au cours de cette année. Il a prévu que la loi de finances 2026 sera construite sur une hypothèse de 3,3 %.

Concernant les prix des carburants, Ayari a expliqué que la loi de finances 2025 s’est basée sur un prix de 77,4 dollars le baril, alors qu’il est actuellement à 61 dollars. Il a estimé qu’adopter une hypothèse de 70 dollars le baril pour la loi de finances 2026 est raisonnable, soulignant que chaque variation d’un dollar a un impact de 144 millions de dinars sur le budget.

Il a précisé, au micro d’Expresso, ce lundi 20 octobre 2025, que la troisième hypothèse concerne le taux de change, indiquant qu’un taux de 1 dollar pour 3 dinars est également une hypothèse réaliste, chaque variation de 10 millimes ayant un effet estimé à 57 millions de dinars sur le budget de l’État.

Pour ce qui est des recettes fiscales, la loi de finances 2025 s’est basée sur une prévision de 45,2 milliards de dinars, contre 47,7 milliards de dinars en 2026, soit une hausse de 5,57 % des recettes fiscales, ce qu’il juge raisonnable dans le cadre d’une amnistie fiscale.

Quant au budget global de l’État, il a été bâti sur une estimation de 78,2 milliards de dinars en 2025 et de 79,6 milliards de dinars en 2026, soit une augmentation de 1,7 % des ressources totales prévues.

En ce qui concerne les emprunts, ils devraient passer de 28 milliards de dinars en 2025 à 27,06 milliards de dinars en 2026.

S’agissant du financement direct de l’État par la Banque centrale, estimé à 11 milliards de dinars, Ayari a expliqué que le risque serait que ces fonds soient orientés vers les subventions et la consommation, mais qu’en revanche, s’ils sont utilisés pour relancer les projets bloqués, lancer de nouveaux investissements, créer de la richesse, augmenter le PIB et générer des emplois, cela constituerait un point positif.

Il a ajouté que le remboursement de ce financement s’étalera sur 15 ans, avec une période de grâce de 3 ans et un taux d’intérêt de 0 %, ce qui en fait une mesure favorable, préférable à l’endettement bancaire.

Propositions supplémentaires

Ayari a affirmé qu’il n’a pas trouvé de mesures importantes en faveur de l’investissement dans le projet de loi de finances pour 2026. Il a ainsi formulé plusieurs propositions :

  • Création d’une plateforme électronique pour le suivi des opérations d’achat, accompagnée de la suspension de l’application de la TVA, de la vérification des opérations d’exportation et de la garantie des droits pour tous les acteurs.
  • Instauration d’un abattement fiscal matériel.
  • Fixation des frais d’enregistrement forfaitaires de 30 dinars et application d’un taux de TVA réduit à 7 % seulement pour les biens immobiliers acquis auprès des promoteurs immobiliers.

Il a également suggéré de rétablir l’avantage fiscal pour les constructions écologiques et d’injecter des fonds au profit des investisseurs dans ces entreprises.

Enfin, il a proposé d’accorder une prolongation d’un an de l’exonération fiscale pour les entreprises et personnes physiques qui créeront de nouvelles entreprises ou projets en 2026.

Écrit par: Meher Kacem



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