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PLF 2027 : L’UGTT propose une révision de l’impôt et une augmentation de l’investissement public

today02/07/2026

Arrière-plan

Dans ses propositions relatives au projet de loi de finances pour l’année 2027 (PLF 2027), l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé à une révision du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, à une augmentation de l’investissement public, à un rééquilibrage de la politique d’endettement, ainsi qu’à la relance du dialogue social autour de la préparation du budget.

Ces propositions figurent dans une correspondance adressée par le secrétaire général de l’UGTT, Salah Eddine Salmi, à la ministre des Finances, en réponse à la demande du ministère de recueillir l’avis de l’organisation sur le projet de loi de finances 2027.

Dans le document, dont l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) a obtenu une copie, l’UGTT propose de relever le seuil de la tranche exonérée d’impôt de 5 000 dinars à 7 000 dinars, soit un niveau proche du salaire minimum. Elle recommande également de restructurer le barème de l’impôt en portant le nombre de tranches de sept à neuf et en relevant le plafond de la tranche supérieure à 100 000 dinars, afin de renforcer le principe de progressivité fiscale et d’alléger la charge fiscale pesant sur les catégories supérieures de la classe moyenne.

Concernant l’investissement public, l’organisation estime que son niveau est resté insuffisant ces dernières années. Elle préconise de porter les crédits d’investissement à 8 milliards de dinars, soit environ 10 % du budget de l’État, en accordant la priorité aux grands projets dans les domaines des infrastructures et des transports.

L’UGTT propose également de passer d’une politique de financement des déficits des entreprises publiques à une politique de financement de leurs investissements, à travers l’élaboration d’un plan de redressement, notamment pour la Compagnie des phosphates de Gafsa et Tunisair, ainsi que la création d’un Fonds national pour la réforme des entreprises publiques.

S’agissant de la dette publique, l’organisation syndicale appelle à un meilleur équilibre entre l’endettement intérieur et extérieur, au renforcement de la diplomatie financière afin de mobiliser des ressources extérieures, ainsi qu’à l’adoption d’une stratégie plus claire et plus transparente en matière d’emprunts extérieurs. Elle recommande également de limiter le recours aux avances de la Banque centrale au financement des dépenses d’investissement et de réactiver le mécanisme de l’emprunt obligataire national.

L’UGTT s’est par ailleurs référée à la circulaire de la Présidence du gouvernement relative à la préparation du budget 2027, critiquant ce qu’elle considère comme une « orientation d’austérité susceptible d’affecter la qualité des services publics ». Elle a exprimé ses réserves quant à la limitation des promotions dans la fonction publique, à l’absence de mesures concrètes de lutte contre l’emploi précaire et au manque de dispositions visant à préserver le pouvoir d’achat des ménages à faibles revenus ainsi que de la classe moyenne.

Enfin, l’UGTT a renouvelé son appel à l’ouverture d’un véritable dialogue sur le projet de loi de finances 2027. Elle demande que les accords conclus avec l’organisation soient intégrés au projet de loi et que celui-ci, ainsi que les documents qui l’accompagnent, soient publiés dès leur adoption en Conseil des ministres, afin de permettre aux partenaires sociaux de les examiner et d’exprimer leur avis avant leur transmission à l’Assemblée des représentants du peuple.

Écrit par: Meher Kacem



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