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Elyes Ben Ammar : les lois en vigueur orientent la transition énergétique au profit du capital étranger

today17/04/2025

Arrière-plan

Elyes Ben Ammar, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, a affirmé que le rôle de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) est devenu négatif dans le processus de transition énergétique.

Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce jeudi 17 avril 2025, que l’approche adoptée par les autorités de tutelle concernant la transition énergétique n’a pas changé depuis dix ans, précisant que cette démarche a annulé le rôle de la STEG en tant que base industrielle et productrice d’électricité.

Il a ajouté que la STEG se limite désormais à verser des montants aux investisseurs étrangers pour la production d’électricité, signalant que les législations et les lois en vigueur sont exploitées pour orienter la transition énergétique au profit du capital étranger.

Le membre de la Fédération a souligné que, dans le cadre de la stratégie gouvernementale actuelle, la transition énergétique est devenue tributaire du capital étranger et des entreprises étrangères, lesquelles auraient imposé à l’État tunisien des conditions « inacceptables », selon lui, pour investir dans le secteur de l’électricité et de la production énergétique.

Elyes Ben Ammar a également rejeté les accusations portées contre les syndicats, selon lesquelles ces derniers entraveraient la transition énergétique, en précisant que l’action syndicale vise avant tout à contrer les politiques gouvernementales destinées à satisfaire le capital privé.

Il a insisté sur la nécessité de donner la priorité à la STEG pour la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, avant d’ouvrir la possibilité aux investisseurs privés de produire de l’électricité et de la revendre à la société nationale.

Dégradation de la situation financière de la STEG

À noter que des membres de la Fédération générale de l’électricité et du gaz ont exprimé, lors d’une conférence de presse tenue mardi dernier, leur profonde inquiétude quant aux politiques énergétiques adoptées en Tunisie ces dernières années, dénonçant la régression des acquis nationaux dans ce secteur stratégique depuis 2012.

Mohamed Atef Bou Abdallah, membre de la fédération, a imputé la dégradation de la situation financière de la STEG à une décision prise par le gouvernement de Mehdi Jomaa en 2015, consistant à acheter le gaz directement auprès des fournisseurs sans compensation financière, ce qui a entraîné une hausse des coûts par rapport aux prix de vente et accentué le déficit financier.

Il a précisé que le déficit de la société a atteint près de 5000 millions de dinars, la contraignant à recourir à l’endettement en devises, faute de financements locaux disponibles.

Malgré ces difficultés, Bou Abdallah a tenu à rappeler que la société a continué à assurer l’approvisionnement en électricité et en gaz sans interruption, même en période de forte consommation, appelant à adopter un ensemble de réformes proposées par la fédération pour garantir la pérennité de la STEG et protéger le consommateur tunisien des conséquences d’une éventuelle privatisation mal pensée.

Écrit par: Meher Kacem



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