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Hela Ben Houcine Khaladi appelle à revoir la politique de subvention et à restructurer les entreprises publiques

today24/04/2025

Arrière-plan

Hela Ben Houcine Khaladi, professeure d’économie, a indiqué que les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) concernant la croissance en Tunisie s’inscrivent dans un contexte de brouillard économique mondial, en raison des droits de douane imposés par Trump, ainsi que de facteurs locaux.

Il convient de rappeler que le FMI avait affirmé, dans son rapport sur les « Perspectives de l’économie mondiale, Avril 2025 » publié, mardi, en marge des réunions de printemps 2025 que la croissance en Tunisie devrait se situer à 1,4% en 2025 et également en 2026.

Hela Ben Houcine Khaladi a expliqué, au micro d’Expresso, ce jeudi 24 avril 2025, que ces facteurs incluent le taux d’inflation, le taux de croissance, le déficit budgétaire de l’État, le déficit de la balance commerciale, et surtout l’augmentation de l’endettement public. Elle considère que la prévision de croissance de 1,4 % pour l’économie tunisienne, annoncée par le Fonds monétaire international (FMI), est loin des projections contenues dans le budget de l’État, qui table sur une croissance de 3,2 % pour l’année 2025.

Retour de la hausse de l’inflation

Concernant les prévisions du FMI d’une baisse de l’inflation en Tunisie, de 7 % en 2024 à 6,1 % en 2025, avant de remonter à 6,5 % en 2026, l’invitée de l’émission a précisé que ces prévisions reposent sur plusieurs scénarios, dont les prix du pétrole, des céréales, et le taux de change du dinar. Elle a souligné que la baisse du prix du pétrole, liée aux droits de douane de Trump, aurait des retombées positives pour la Tunisie. Elle a aussi noté une baisse des prix des céréales, malgré la guerre en Ukraine, grâce à une production abondante en Australie et en Argentine.

En ce qui concerne le taux de change du dinar, la professeure d’économie a indiqué une baisse de la valeur du dollar face à une hausse de l’euro, précisant que la Tunisie effectue ses importations en euro. Cela pourrait entraîner une hausse des prix, et par conséquent, un retour de l’inflation en Tunisie, mais aussi à l’échelle mondiale, selon elle.

Elle a également souligné l’augmentation de la dette publique en Tunisie, qui s’aggrave en raison de plusieurs facteurs : le ralentissement de la croissance, le déficit commercial, et les taux d’intérêt directeurs. Elle a ajouté : « Malgré la baisse de la dette extérieure face à une hausse de la dette intérieure, tout cela relève de la dette publique, qui connaîtra une hausse, pas seulement en Tunisie… ».

Baisse des taux d’investissement et d’épargne

Par ailleurs, la professeure a indiqué que le taux d’investissement en Tunisie devrait chuter à moins de 10 %, et celui de l’épargne à environ 5 %, selon les prévisions du FMI pour les cinq prochaines années (jusqu’en 2030).

Elle a insisté sur la nécessité de mener des réformes structurelles pour éviter que ces prévisions ne se réalisent, en particulier l’amélioration du climat des affaires et l’augmentation de la productivité. Elle a souligné que la décision politique joue un rôle crucial dans la mise en œuvre des décisions, des mesures et des réformes, et a appelé tout le monde à y adhérer.

Dans ce contexte, elle a proposé de revoir la politique de subvention, de restructurer les entreprises publiques, et d’augmenter la productivité, dans le cadre d’une politique fiscale qui, selon elle, doit être équitable.

Écrit par: Meher Kacem



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