play_arrow
Express Radio Le programme encours
today09/06/2025
L’analyste financier, Bassem Ennaifer a indiqué que l’émission de l’emprunt obligataire national reste d’actualité, que l’autorisation existe bel et bien, et que sa mise en œuvre pourrait avoir lieu dans les mois à venir, en fonction de l’évolution du marché.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, Ennaifer a estimé qu’il est probable que les autorités attendent une baisse du taux directeur, en tenant compte des évolutions économiques et commerciales mondiales. Il prévoit également que l’on pourrait attendre une baisse continue du taux directeur afin d’émettre une tranche de l’emprunt obligataire national à un coût le plus bas possible.
Il a souligné que cette attente est un indicateur de la poursuite de la baisse des taux d’intérêt dans les mois à venir, ajoutant que l’éventualité de reporter l’émission des tranches de l’emprunt reflète une possible révision des taux d’intérêt dans les mois à venir.
Ennaifer a soutenu son point de vue en indiquant que l’une des raisons pour lesquelles l’emprunt obligataire national n’a pas encore été émis est que l’exécution du budget de l’État jusqu’à la fin mars dernier a enregistré un excédent de plus de 2 milliards de dinars, ce qui, selon lui, remet en question la nécessité d’émettre les premières tranches de l’emprunt.
Poursuivant son analyse, il a noté que l’État ne mobilisera qu’un montant de 2,65 milliards de dinars sur un total de 7 milliards obtenus auprès de la Banque centrale, ce qui, selon lui, offre à l’État une marge de manœuvre relativement confortable pour les mois à venir, que ce soit pour émettre une tranche de l’emprunt obligataire national ou pour utiliser une partie du prêt de la Banque centrale, ce qui allégerait la pression sur le marché financier intérieur.
Le ministère des Finances, à l’approche de la fin du premier semestre de cette année, n’a émis aucune tranche de l’emprunt obligataire national inscrit dans la loi de finances pour cette année, dont la valeur s’élève à 4,8 milliards de dinars.
Ennaifer a expliqué qu’il aurait été normal, comme pour les précédents emprunts obligataires, d’émettre une première tranche de 1,2 milliard de dinars, soit le quart de l’emprunt, mais que le 20 février dernier, des bons du Trésor à court terme avaient été émis pour un montant de 1,2 milliard de dinars.
À ce sujet, il a commenté : « À ce moment-là, il n’y avait pas de besoin, selon le calendrier des paiements, d’émettre la première tranche de l’emprunt obligataire. »
Il a ajouté que pour l’État, il était préférable d’obtenir ces fonds via l’émission de bons du Trésor à court terme plutôt que d’émettre une tranche de l’emprunt obligataire sur 5, 7 ou 10 ans à des taux d’intérêt élevés, ajoutant que l’État a préféré supporter le remboursement de bons du Trésor sur 52 semaines, ce qui, à ses yeux, représente une bonne gestion de la part du ministère des Finances.
La Tunisie a eu recours, ces dernières années, via les lois de finances, à l’émission d’emprunts obligataires nationaux en 2014, 2021, 2022, 2023 et 2024 pour soutenir le budget de l’État, avec trois types de souscription (A, B et C), pour des durées de remboursement de 5, 7 et 10 ans à des taux d’intérêt variables.
Concernant les trois autres tranches, Néifer estime que la période restante est suffisante pour leur émission, tout en nuançant que l’évolution de la dette publique du pays montre que le ministère des Finances essaie d’obtenir des financements et de les dépenser dans les limites des recettes fiscales et des ressources internes disponibles, tout en évitant de recourir à des ressources financières supplémentaires sur le marché intérieur.
Il a rappelé que sur les 7 milliards de dinars obtenus en prêt auprès de la Banque centrale tunisienne, la totalité n’a pas encore été utilisée.
Par ailleurs, Ennaifer a également abordé le calendrier de remboursement de la dette pour le mois de juin en cours, estimant que c’est l’un des mois les plus difficiles pour le Trésor public.
Il a souligné que la Tunisie doit rembourser ce mois-ci des prêts intérieurs pour un total de 3 064,5 millions de dinars, dont 170,4 millions de dinars en bons du Trésor à court terme (26 semaines) qui seront remboursés le lundi 9 juin, puis 48 millions de dinars le 10 juin sous forme de bons à 52 semaines, et encore 799,6 millions de dinars le 11 juin.
Selon l’analyste financier, le 18 juin verra le remboursement de bons du Trésor à 26 semaines d’une valeur de 1 000 millions de dinars, suivi le 19 juin par le remboursement de bons de 86,5 millions de dinars. Enfin, le 23 juin, il est prévu de rembourser 960 millions de dinars de bons à 52 semaines.
Ennaifer estime que face à ce volume important de bons du Trésor arrivant à échéance en juin, et en l’absence de préparation pour émettre une tranche de l’emprunt obligataire, cela indique qu’à court terme, l’État n’a pas l’intention de recourir au marché intérieur, tout en laissant entendre que cela pourrait se produire dans les mois à venir.
Il était prévu que le ministère des Finances publie en janvier de cette année dans le Journal officiel de la République tunisienne les conditions de souscription à la première tranche de l’emprunt obligataire national inscrit au budget de l’État pour 2025, dont la valeur totale s’élève à 4,8 milliards de dinars, avec un lancement prévu durant les deux premières semaines de février de la même année.
Il est à noter que depuis que la Tunisie a commencé à émettre des emprunts obligataires, une sortie sur le marché financier est programmée tous les trimestres.
Écrit par: Meher Kacem
Bassem Ennaifer emprunt obligataire national taux directeur Trésor public