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Nouveau système des chèques : 60% des entreprises déclarent un déséquilibre dans leurs trésoreries et suspendent leurs projets d’investissement

today25/06/2025

Arrière-plan

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) a organisé une conférence pour annoncer et analyser les résultats de deux études portant sur les effets immédiats à court terme du nouveau système des chèques sur l’activité des entreprises, ainsi que les effets macroéconomiques globaux à court terme, réalisée par le professeur d’économie Moez Soussi.

Dans ce cadre, l’économiste Habib Zitouna a indiqué, au micro d’Expresso, ce mercredi 25 juin 2025, que les résultats du sondage devaient être interprétés avec prudence, faute de temps suffisant pour qu’il soit scientifiquement complet, avec un échantillon représentatif rigoureux.

Première étude : effets immédiats à court terme du nouveau système des chèques sur l’activité des entreprises

Et d’ajouter que les effets sont négatifs, en espérant qu’ils ne sont que provisoires, précisant que 70 à 75% des entreprises affirment avoir été affectées négativement par le nouveau système des chèques, en particulier celles qui interagissent directement avec les consommateurs. Un impact sur le chiffre d’affaires a également été observé.

De plus, 60% des entreprises ont déclaré un déséquilibre dans leur trésorerie, avec une vulnérabilité plus marquée chez celles qui traitent à la fois avec des entreprises (B2B) et avec des consommateurs finaux. Zitouna a souligné que ces effets sont de court terme, et que les chiffres restent provisoires.

Concernant l’investissement, peu d’entreprises ont perçu des effets positifs sur l’investissement ou déclaré vouloir investir davantage. En effet, 60% d’entre elles ont suspendu ou reporté leurs projets d’investissement.

Par ailleurs, le secteur du commerce et de la distribution est celui qui a été le plus touché par la nouvelle législation sur les chèques. Les petites entreprises ont souffert davantage que les moyennes et grandes entreprises, en raison de l’absence de solutions alternatives de financement, contrairement aux grandes entreprises, plus résilientes.

Parmi les moyens de financement alternatifs, la lettre de change a connu une hausse d’utilisation de 60%, suivie par les virements bancaires et les paiements en espèces. Toutefois, aucune de ces alternatives n’a compensé le rôle du chèque.

Zitouna a attiré l’attention sur le fait que les petites entreprises sont les plus dépendantes du paiement en espèces, ce qui soulève un nouveau problème, car le nouveau système pourrait encourager l’économie informelle, en l’absence de mécanismes de paiement adaptés.

Il a ajouté : « Il est impératif de développer des alternatives économiques. Cela passe par une diversification des moyens de paiement, à travers les secteurs bancaire et non bancaire, et par une réflexion approfondie sur le financement de l’économie. »

Deuxième étude : situation macroéconomique au 1er trimestre 2025

La seconde étude, portant sur les effets macroéconomiques au premier trimestre 2025, a révélé une hausse de 12% des billets en circulation, avec une augmentation des transactions en espèces et une baisse des paiements par chèque.

L’étude a mis en lumière des effets négatifs sur l’activité économique, à travers un modèle comparant la trajectoire que l’économie tunisienne aurait pu suivre sans chocs au scénario réel avec le choc du nouveau système des chèques. Ainsi, la croissance, qui a été de 1,6%, aurait pu atteindre 2,2% sans ces perturbations, tandis que le scénario le plus pessimiste évoque une croissance de seulement 0,6%.

Zitouna a souligné un consensus sur l’usage inapproprié du chèque en Tunisie, où il est souvent utilisé comme moyen de paiement différé, prêt bancaire ou garantie, ce qui est contraire à son usage initial.

Il a insisté sur la nécessité de résoudre la racine du problème : l’accès au financement, étant donné les difficultés d’obtention de crédits bancaires dues aux dysfonctionnements structurels du système bancaire et financier.

Deux scénarios sont évoqués :

  1. Réforme complète du système de financement, un scénario complexe nécessitant volonté politique, coordination et mesures structurelles.
  2. Renouvellement et modernisation de l’offre bancaire, via des services innovants et des prêts à moindre coût.

Enfin, il a insisté sur l’importance d’améliorer les relations entre les acteurs économiques et les banques, et de promouvoir les paiements électroniques pour faciliter l’accès au crédit.

Écrit par: Meher Kacem



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