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Exécution du budget de l’État 2025 : amélioration des finances publiques, investissement public en recul, selon Bassem Ennaifer

today01/12/2025

Arrière-plan

L’analyste financier Bassem Ennaifer est revenu sur les principaux chiffres relatifs à l’exécution du budget de l’État pour 2025 à fin septembre, ainsi que les prévisions du budget de l’État pour l’année entière. Selon lui, ces données « montrent une amélioration des finances publiques ».

Selon le rapport sur les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’État publié par le ministère des Finances, le budget a enregistré un excédent de 655 millions de dinars à fin septembre 2025, contre un déficit de 1 067 millions de dinars durant la même période de l’année 2024.

Dans ce cadre, Ennaifer a précisé, au micro d’Expresso, ce lundi er décembre 2025, que cela ne signifie pas que nous terminerons l’année avec un excédent », soulignant en revanche une réduction du déficit d’une année à l’autre, avec un rythme de croissance des recettes plus rapide que celui des dépenses.

Recettes fiscales en hausse

Les recettes fiscales durant les neuf premiers mois de 2025 ont atteint 33 439 millions de dinars, en hausse de 7,6 %. Elles proviennent principalement de :

  • L’impôt sur le revenu : 9,7 milliards de dinars ;
  • La TVA : 8,6 milliards de dinars.

Dépenses publiques : augmentation modérée

Les dépenses ont progressé de 2,7 %, atteignant 35,2 milliards de dinars sur les neuf premiers mois de 2025. Elles se répartissent notamment comme suit :

  • Rémunérations : 17,4 milliards de dinars (la plus grande part) ;
  • Dépenses d’intervention : 9,2 milliards de dinars, dont :
    • subventions : 4,8 milliards de dinars,
    • dont carburants : 3,5 milliards de dinars.

Investissement public en recul

Ennaifer a signalé une baisse des dépenses d’investissement, rappelant que la majorité de ces dépenses ont lieu au cours du dernier trimestre. La réalisation des 5,4 milliards de dinars prévus pour 2025 reste attendue.

Dépenses de fonctionnement

Les dépenses de fonctionnement ont reculé de 13,4 %, mais une accélération des dépenses est attendue en fin d’année, permettant de terminer l’exercice avec un déficit de –5,6 % du PIB, un niveau jugé « bon » comparé aux –8 % précédents.

Endettement : basculement vers l’emprunt intérieur

L’analyste affirme que l’on observe une amélioration progressive et une meilleure maîtrise des dépenses, l’État cherchant à aligner ses dépenses sur ses capacités financières, afin de réduire le recours à l’endettement.

  • L’endettement intérieur sur 9 mois a atteint 15,5 milliards de dinars.
  • Le financement intérieur net est de 3,3 milliards, en baisse de 2 milliards par rapport à 2024.
  • Pour la troisième année consécutive, le financement extérieur est négatif, avec un solde de 4,2 milliards de dinars à fin septembre 2025, ce qui signifie que le remboursement de la dette extérieure dépasse les nouveaux emprunts.

Ennaifer a également indiqué qu’un changement dans la structure de l’endettement s’opère, avec un recours croissant à l’endettement intérieur. Il a souligné l’importance du développement des bons du Trésor à long terme, qui donnent une marge de manœuvre plus importante au gouvernement.

Perspectives 2026 : plus de dépenses sociales

L’analyste a insisté sur la nécessité de maîtriser davantage les dépenses afin de contenir le déficit, surtout que l’année 2026 sera marquée par une forte mise en œuvre des politiques sociales, nécessitant des dépenses plus élevées et donc des recettes supplémentaires.

Il a rappelé qu’en l’absence de marge pour augmenter davantage les recettes fiscales, l’État devra continuer à recourir à l’endettement intérieur, ce qui explique l’emprunt de 11 milliards de dinars auprès de la Banque centrale, bien que la soutenabilité des finances publiques implique d’éviter ce mécanisme en raison de ses effets négatifs.

Budget réaliste mais investissement insuffisant

Ennaifer a conclu que la loi de finances est « réaliste », et que l’écart entre les prévisions et les résultats est limité. Cependant, il a insisté sur la nécessité :

  • d’améliorer les recettes,
  • de réduire le recours à l’endettement,
  • et de renforcer l’investissement public, encore insuffisant pour relancer l’économie.

Selon lui, la croissance reste trop faible pour être stimulée sans un investissement public plus important.

Écrit par: Meher Kacem



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