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Yassine Gouiâa : la croissance réalisée en 2025 ne permet pas de créer des emplois et de réduire le chômage

today31/12/2025

Arrière-plan

Le président de l’Organisation nationale des entrepreneurs, Yassine Gouiâa, a indiqué, dans son évaluation économique de l’année 2025, que le taux de croissance est resté faible, n’ayant pas dépassé 2,5 %. Un niveau qu’il a jugé insuffisant, notamment en termes de création d’emplois et de réduction du chômage.

Il a souligné, au micro d’Expresso, ce mercredi 31 décembre 2025, que l’inflation n’a pas connu de réel recul, mais s’est plutôt caractérisée par une stabilité, estimant que cette situation constitue un indicateur positif qu’il convient de préserver. Il a également relevé la stabilité du taux de chômage autour de 16 %, qu’il a qualifié de « taux préoccupant », traduisant l’incapacité des politiques actuelles à opérer une percée réelle dans le dossier de l’emploi.

Concernant la situation financière de l’État, Gouiâa a averti que la dette publique a atteint environ 85 % du produit intérieur brut, estimant que ce niveau est alarmant et nécessite des mesures urgentes pour en limiter l’ampleur, compte tenu de ses répercussions directes sur l’investissement et les finances publiques.

Il a précisé qu’à l’exception de la hausse du volume des investissements déclarés, l’année 2025 n’a pas enregistré de résultats positifs marquants. Les investissements annoncés ont toutefois progressé d’environ 17 % par rapport à 2024, atteignant 3,2 milliards de dinars durant les sept premiers mois de 2025, un élément qu’il considère comme l’un des rares points positifs de l’année.

Il a ajouté que le secteur privé a contribué à la création d’environ 50 000 emplois en 2025, tout en notant une diversification relative des initiatives privées et des investissements, malgré les difficultés pesant sur le climat général des affaires.

Points faibles de l’année 2025

S’agissant des points faibles, le président de l’Organisation nationale des entrepreneurs a insisté sur le fait que la première difficulté rencontrée par les entreprises, notamment les PME, réside dans le coût élevé du financement. Il a expliqué que le problème ne tient pas à la disponibilité des lignes de financement, mais plutôt à leur décaissement et à leur mise en œuvre. Il a indiqué que plusieurs lignes de financement annoncées depuis 2024 attendent toujours la publication des décrets d’application nécessaires à leur entrée en vigueur.

Gouiâa a estimé que le financement, bien que crucial, constitue le maillon le plus faible pour les entrepreneurs, soulignant que les chefs d’entreprise ont également besoin de législations incitatives, d’une infrastructure adaptée, de ports et d’aéroports performants, ainsi que de l’activation de la diplomatie économique et de la mise en place de partenariats stratégiques.

Il a appelé à l’élaboration d’une vision claire de l’État ouvrant aux entreprises privées l’accès aux marchés extérieurs, à l’adoption de mesures audacieuses pour lutter contre l’économie parallèle et réduire la bureaucratie, ainsi qu’à l’implication des entreprises privées technologiquement avancées et au recours à l’expertise et aux sociétés étrangères.

Gouiâa a considéré que le secteur privé a résisté en 2025 « malgré l’État et non grâce à lui », en l’absence de véritables politiques incitatives, soulignant les efforts considérables déployés par les entrepreneurs pour atteindre les résultats enregistrés.

Il a indiqué que l’investissement existe, mais sans véritable ambition, estimant que la croissance de 17 % reste insuffisante face au coût élevé du financement, à la multiplicité des obstacles et à la faible capacité de création d’emplois au regard du niveau du chômage.

Menace pour la pérennité des entreprises

Il a également mis en garde contre la pression fiscale et financière continue, qui menace la pérennité des entreprises structurées et pourrait favoriser le repli de l’économie organisée au profit de l’économie informelle.

Yassine Gouiâa a appelé à lever les obstacles entravant l’activité des entreprises privées et à élaborer une feuille de route claire et une vision stratégique intégrée en faveur des entrepreneurs, afin de renforcer la confiance et de soutenir l’investissement.

Concernant la facturation électronique, il a affirmé que les commerçants, les propriétaires de magasins et les experts-comptables vivent dans un climat d’incertitude et de flou, en raison de l’absence de clarifications officielles suffisantes sur les modalités et les délais de mise en œuvre de ce nouveau système.

À noter que l’Organisation tunisienne des entrepreneurs organisera, le 20 janvier 2026, l’événement « ONE Business Forum », que Gouiâa a qualifié de plus grande manifestation économique, réunissant plus de 500 chefs d’entreprise tunisiens et étrangers, dans le but de promouvoir le réseautage, renforcer les relations professionnelles et conclure des partenariats stratégiques visant à consolider le secteur privé et à améliorer son accès aux marchés nationaux et internationaux.

Écrit par: Meher Kacem



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