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Express Radio Le programme encours
today09/02/2026
Habib Haouala, conseiller des services publics et ancien directeur général au ministère de l’Économie et de la Planification, a indiqué que le véritable développement ne peut se réaliser qu’à partir des régions, à travers la transformation des potentialités locales en projets durables générateurs de richesse et d’emplois. Il a souligné que l’autonomisation économique et la planification stratégique constituent aujourd’hui deux piliers essentiels pour parvenir à un développement équitable et équilibré.
Haouala est revenu, au micro d’Expresso, ce lundi 9 février 2026, sur deux événements récemment organisés dans la ville de Touza, dans le gouvernorat de Monastir. Le premier consistait en un séminaire régional sur l’autonomisation économique, les mécanismes de financement et l’accompagnement, tandis que le second portait sur la planification stratégique comme levier du développement régional et local durable.
Il a précisé que, malgré la différence de leurs intitulés, ces deux rencontres abordaient la même problématique centrale : comment transformer les ressources naturelles et humaines disponibles dans les régions en un développement réel et durable.
Haouala a expliqué que le choix de la ville de Touza n’était pas fortuit. En dépit de son histoire riche et de ses importantes ressources humaines et naturelles, la ville fait face à de grands défis de développement, notamment la faiblesse des infrastructures, l’absence de zones industrielles, le manque d’espaces culturels et sportifs, la dégradation de certains services publics ainsi que l’absence d’une institution bancaire. Il a également évoqué des problèmes environnementaux, en particulier le projet de création d’un bassin de stockage des margines, qui a suscité l’inquiétude des habitants en raison de ses impacts potentiels sur les ressources hydriques et l’environnement naturel et archéologique, en l’absence d’études d’impact environnemental participatives.
Il a souligné que le défi majeur reste d’ordre économique et social, marqué par des taux de chômage élevés, notamment parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, ce qui contribue à l’aggravation des phénomènes de précarité et de déviance chez les jeunes.
Haouala a expliqué que le concept d’autonomisation économique dépasse l’approche traditionnelle qui limite le soutien au seul financement. Il englobe une approche intégrée reposant sur la maturation des idées de projets, l’encadrement et l’orientation, le renforcement des capacités, l’accompagnement continu, ainsi que la facilitation de l’accès aux marchés et la promotion des produits.
Il a révélé que les rencontres organisées à Touza ont abouti à la proposition de 26 nouveaux projets portés par des jeunes de la région, principalement dans le secteur agricole, notamment dans les domaines de l’oléiculture, des cultures maraîchères et de l’élevage. Ces projets sont actuellement à l’étude par les services compétents et les banques, et devraient entrer prochainement en phase de réalisation.
Haouala a insisté sur le fait que ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la préparation du plan national de développement 2026–2030, qui se distingue par une approche ascendante partant du niveau local vers les niveaux régional, interrégional puis national, et fondée sur les spécificités de chaque région plutôt que sur l’approche sectorielle traditionnelle. Il a précisé que la planification stratégique repose sur des questions fondamentales relatives aux problématiques, aux potentialités et aux priorités de développement des régions, et qu’elle permet de faire passer l’action publique de décisions conjoncturelles à une logique de vision, d’objectifs, de suivi et d’évaluation continue.
Il a affirmé que les résultats obtenus à l’issue de ces séminaires démontrent l’importance du travail conjoint entre les administrations régionales, les banques et la société civile, en tant qu’étape clé pour bâtir un nouveau parcours de développement plus juste, plus efficace et plus durable.
Et de conclure en appelant les jeunes de toutes les régions du pays à s’engager dans l’initiative privée et les projets économiques, afin de contribuer à la réduction du chômage, à la création de richesse et à la relance de la croissance, voire à l’exportation des services et des produits tunisiens à l’étranger.
Écrit par: Meher Kacem
développement plan de développement 2026/2030