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Express Radio Le programme encours
today29/04/2026
Le président de la Commission du tourisme à l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Yahyaoui, a affirmé que le secteur touristique est l’un des secteurs stratégiques en Tunisie. Il génère des recettes en devises estimées à environ 8 milliards de dinars, mais ne bénéficie pas toujours d’un soutien gouvernemental suffisant, que ce soit en termes de budget — qui a enregistré une baisse de 4 % cette année — ou en matière de mécanismes de gestion du secteur.
Yahyaoui a précisé, au micro d’Expresso, ce mercredi 29 avril 2026, que la Commission du tourisme tiendra des auditions avec les agences de voyages puis avec le ministère du Tourisme, dans le cadre des préparatifs de la prochaine saison estivale, ainsi que du suivi des préparatifs de l’événement « Tunis, capitale du tourisme arabe ». Il est à noter que la Tunisie a été choisie comme capitale du tourisme arabe pour l’année 2027, lors de la 28e session du Conseil ministériel arabe du tourisme, tenue à Bagdad le 9 décembre 2025.
Concernant les problématiques du secteur, Yahyaoui a souligné l’existence d’un dysfonctionnement au niveau de la structuration, indiquant que la multiplicité des intervenants — ministères de l’Intérieur, du Commerce, du Transport et de l’Environnement, en plus du ministère du Tourisme — constitue l’un des principaux défis. Il a également évoqué un chevauchement des compétences entre le ministère du Tourisme et l’Office national du tourisme, ainsi que l’absence du Conseil supérieur du tourisme.
Il a expliqué que ce Conseil, dont la création avait été annoncée pour servir de cadre fédérateur entre les différents acteurs du secteur, n’a pas encore été activé. Selon lui, sa mise en œuvre et la tenue de réunions régulières auraient permis de résoudre de nombreuses problématiques. Il a proposé, dans ce contexte, la création d’une commission regroupant des représentants des différentes structures concernées, présidée par le ministre du Tourisme.
Il a également évoqué la situation des anciennes zones touristiques, qui souffrent d’une dégradation des infrastructures et nécessitent une réhabilitation, signalant l’existence de 164 hôtels fermés. Il a aussi attiré l’attention sur les problèmes d’aménagement du territoire, qui n’ont pas été actualisés depuis des années, ce qui a, selon lui, freiné d’importants investissements privés estimés à 1 000 millions de dinars, notamment dans la région de Tabarka.
Yahyaoui a également indiqué que la Tunisie n’a pas suffisamment tiré profit des tensions dans certaines régions du monde pour attirer de nouveaux marchés touristiques. Il a souligné des difficultés particulières dans le secteur du transport aérien et au niveau des aéroports intérieurs, ce qui nécessite la recherche de solutions pour les soutenir.
Par ailleurs, il a mis en avant le blocage de plusieurs projets d’hébergements touristiques alternatifs en raison de l’absence de cahier des charges, malgré leur importance pour diversifier l’offre touristique, ainsi que le manque de clarifications de la part du ministère du Transport concernant plusieurs problématiques soulevées.
Il a aussi mentionné la faillite de plusieurs restaurants touristiques depuis la pandémie de Covid-19, en raison de l’absence de soutien, ainsi que les difficultés liées à la fiscalité et à la multiplicité des structures intervenant dans l’octroi des autorisations.
Sur le plan législatif, il a indiqué qu’environ 130 propositions de loi ont été présentées par les députés, dont certaines se heurtent, selon lui, au pouvoir exécutif, notamment en ce qui concerne le Code de l’investissement et la lourdeur des procédures pouvant freiner l’investissement, qu’il soit étranger ou national.
Écrit par: Meher Kacem