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Hédi Larbi : La politique économique actuelle est inapte à sauver les entreprises publiques

today29 mai 2021

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L’ancien ministre de l’Équipement, de l’Aménagement du territoire et du Développement durable, Hédi Larbi, a affirmé, ce vendredi 28 mai 2021, lors de son passage dans l’émission Club express, que les politiques économiques adoptées par la Tunisie depuis 2011 sont excessivement ancrées dans le présent et semblent inaptes à sauver les entreprises publiques. En d’autres termes, les stratégies mises en place et suivies actuellement visent  en premier lieu,la résolution des problèmes et des enjeux posés à court terme, sans qu’elles soient inscrites dans le droit fil d’une stratégie globale et générale offrant des solutions à long terme à l’image des modèles économiques de certains pays asiatiques comme la Chine, la Corée du sud etc…

“L’administration tunisienne est une administration d’exécution et non pas une administration de conception des stratégies et des politiques économiques”, a-t-il regretté. On peine à trouver un décideur qui pense à long terme, qui investit dans l’implémentation d’une stratégie à la fois concrétisable et durable. La situation s’est empirée suite à la révolution notamment à cause de la précarité des décisions prises par les ministres et les directeurs à la tête des institutions publiques.  Il a estimé que la réhabilitation et la formation des ressources humaines et surtout les cadres au sein des ministères est incontournable, en indiquant que “nos ministères ne peuvent rien faire de la sorte, sans visions ni objectifs, sans compétences qui pensent, planifient, exécutent et assument leur responsabilité”.

S’agissant de la restructuration des institutions publiques tunisiennes, il a souligné que cette démarche doit être casuistique en tenant compte de leur diversité. Malgré l’hétérogénéité de leurs structures et de leurs vocations, un point commun les unit à savoir:  la mauvaise gouvernance.

En effet, la restructuration de ces entreprises est une question « caduque » dans les pays développés. On n’en parle même plus! Ces questions ont été posées à titre d’exemple en Chine entre 1978 et 1989. Les autorités chinoises ont, à cette époque là, peu à peu mis en place une politique économique où la gestion des institutions publiques ne relève plus des prérogatives de l’Etat. La Tunisie, semble-t-elle alors plus communiste que la Chine ?

La politique actuelle des entreprises publiques est absurde et archaïque dans la mesure où ces entreprises suffoquent sous l’emprise de la bureaucratie, les dettes, et le fardeau de la masse salariale qui dépasse de loin les besoins réels de ces entités économiques en perdition. 

Outre le changement des mentalités, l’économiste Hédi Larbi, a proposé de changer la stratégie de nomination des responsables à la tête des institutions publiques. Selon ses dires, il faut que les directeurs desdites institutions aient déjà une expérience managériale dans des entreprises relevant du secteur privé où la concurrence fait rage.Les exigences professionnelles auxquelles ces dirigeants  doivent répondre et la technocratisation  de ces entreprises ne suffisent pas, si l’Etat ne leur reconnaît pas une large  marge d’autonomie et de manœuvre sous son contrôle.

En conclusion, l’ex-directeur régional de la Banque Mondiale  Hédi Larbi a mis en garde contre la confusion entre deux politiques manifestement contradictoires et paradoxalement interdépendantes à savoir: la politique économique et la politique sociale.

Par ailleurs, le coût social de la restructuration doit être bien étudié par l’Etat. La privatisation ne doit pas être appréhendée comme une menace, voire un fantôme, tant qu’elle pourrait sauver certaines entreprises au bord de la faillite comme celles relevant du secteur du transport public.

 

Écrit par: Islam


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