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Express Radio Le programme encours
today09/10/2025
Express Fm a consacré sa programmation du 02 octobre au secteur des assurances en Tunisie et organise une journée spéciale avec les acteurs, consultants et experts du secteur de 07h30 à 19h30.
Dans ce cadre, Mohamed Ali Jebira, leader Financial Services (Banque & Assurance) pour l’Afrique francophone et pilote les activités Advisory en Tunisie et en RDC, est revenu ce jeudi 9 octobre 2025 sur les enseignements tirés de cette journée spéciale.
Il a affirmé que le secteur des assurances est solide et résilient, en progression, avec une marge de croissance considérable (9% en moyenne sur 5 ans), indiquant qu’il n’est pas dans une rupture, mais plutôt dans une continuité, avec un potentiel important (5% pour la santé complémentaire, micro-assurance, assurance agricole).
Il a également fait savoir que le secteur des assurances est passé d’un modèle vertical à un modèle en réseau, avec un taux de pénétration de 2,4% pour l’assurance auto, 40% pour l’assurance vie et 30% pour l’assurance maladie.
Quant à la dépense moyenne, elle n’a pas dépassé 318 dinars. Jebira l’a qualifiée de faible, l’objectif étant de 500 dinars : « les raisons de cette faible pénétration réside en le manque de culture assurantielle, le coût de distribution très élevé (zones rurales), les produits d’assurance qui ne sont pas nécessairement adaptés, ainsi que les tarifs qui peuvent paraitre chers ». Il a également mentionné le secteur informel qui génère des revenus irréguliers, ainsi que les activités qui peuvent paraitre plus risquées.
Jebira a aussi évoqué l’absence des compétences nécessaires pour évaluer les risques (cyber…) et les segments entiers qui ne sont pas adressés (manque de connaissance de ces segments par les compagnies).
Il a par ailleurs recommandé une ouverture de l’écosystémique, avec une structuration en groupe, insistant sur la nécessité de développer des partenariats et de nouveaux business models (bancassurance, microfinance, intégration avec les telcos, acteurs de l’innovation, La Poste…), avec mutualisation des risques pour faire face aux grands risques (CATNAT, Cyber…).
Pour ce qui est de la réglementation, il a appelé à favoriser l’encadrement de la digitalisation, adopter des normes prudentielles et encadrer de nouveaux produits (assurance agricole) et des partenariats de distribution (telco…).
D’autre part, Jebira a mis en exergue la transformation digitale et technologique, déjà déployée dans les compagnies (colonne vertébrale de l’écosystème), soulignant la nécessité d’avoir des processus internes, d’améliorer la relation client et de lancer de nouvelles initiatives écosystème (Assurance Auto 2.0, macaron numérique, e-constat, plateforme de compensation inter-compagnies…).
Jebira a également appelé à maîtriser et valoriser la date, insistant sur la nécessité de réadapter le Si IA, de plus en plus sollicitée (En Afrique, seuls 2 % des sondés ont déployé un projet d’IA, 71 % sont en train de le faire ou y pensent).
Il a également évoqué les fraudes et la tarification client qui peuvent être réglées avec des initiatives digitales, telles que la migration cloud, les infrastructures data, les outils digitaux, l’IA et la big data), ce qui permettrait plus de confort aux clients, des processus plus rapides, une compréhension du risque, une meilleure tarification et une personnalisation des produits.
Dans ce cadre, il a mis l’accent sur le défi des compétences face à l’accélération technologique, afin d’améliorer l’agilité organisationnelle.
Par ailleurs, Jebira a souligné l’émergence de nouveaux risques, à l’instar du cyber risques, les risques climatiques, la non-conformité, l’éthique et la protection des données, qui sont accompagnés d’un impact fort des risques classiques, tels que les risques économiques, notamment l’inflation, les risques géopolitiques, la pénurie de talents, etc…. Il a appelé à la nécessité d’une réponse collective (mutualisation régionale CATNAT) et de se structurer en interne (gouvernance, outils, contrôle, compétences).
Il a également appelé à une transformation du business model afin d’élargir la base assurée, ainsi qu’à la création de nouveaux modèles d’intermédiation, la digitalisation des parcours, la diversification des services (CONSEIL), la personnalisation des offres, l’intégration des enjeux ESG, et la création de nouveaux segments (PME, informel, zones rurales).
L’inclusion devra être la priorité de l’ensemble du secteur. Elle est freinée, en premier lieu, par le faible niveau d’éducation financière des populations, le manque de solutions digitales, les offres non adaptées aux populations peu bancarisées et le manque d’infrastructures financières et de cadre réglementaire inadapté.
Pour finir, il a évoqué les ESG (qui font référence aux services d’assurance et de vérification par une tierce partie indépendante pour les données environnementales, sociales et de gouvernance), appelant à un secteur conscient des enjeux ESG, avec des initiatives importantes (produits énergie renouvelable, efficacité énergétique, intégration des critères ESG, reportings extra 10 financiers, empreinte carbone et sensibilisation social).
Lors de la journée spéciale organisée par Express fm, les différents experts du secteur des assurances ont fait un état des lieux et dégagé les enseignements à tirer afin d’améliorer les services présentés.
L’année 2025 marque un tournant. Le secteur tunisien de l’assurance entre dans une logique d’écosystème : l’assureur ne fonctionne plus seul, mais au sein d’un réseau d’acteurs (banques, IMF, courtiers, start-up, État) et il n’est plus une entité isolée, mais un maillon d’un réseau intégré centré sur le client.
La technologie est désormais la colonne vertébrale du nouvel écosystème. Elle fluidifie les échanges, fiabilise les données et relie les acteurs entre eux, à l’instar de l’Assurance Auto 2.0 (CGA) qui permet une gestion complète du contrat depuis un smartphone, avec un QR code unique, mettant ainsi fin au papier, ou encore le E-Constat FTUSA (en test depuis octobre 2025) qui permet une déclaration dématérialisée des sinistres connectée à l’administration.
L’interopérabilité devient donc une réalité, avec la Plateforme Micard (CTAMA) pour la carte verte, intégrée au SI de l’État et l’intelligence artificielle devient un outil d’aide à la décision. « Elle ne remplace pas, elle augmente », selon Kadhem Nawar (BNA Assurances).
Sans oublier les applications concrètes de détection de fraude, de tarification dynamique et de compréhension client (Maghrebia, BNA).
L’Objectif étant d’élargir la base assurée et mieux adresser les publics sous-assurés (TPE, informels, zones rurales). Ainsi, « les compagnies doivent travailler avec les IMF, La Poste et les starts-up pour toucher les publics non assurés », comme l’a affirmé Sana Attig, avec comme outils la digitalisation des réseaux d’agents, les partenariats avec IMF, la micro-assurance et les produits simples. Dans ce cadre, Faker Raïs avait énuméré les offres de la BNA Assurances, telles que l’offre santé complète et modulaire, l’intégrant prévention, les bilans et les services digitaux.
La Maghrebia, elle, a mis en place la première couverture santé internationale (jusqu’à 4 M DT) adaptée aux besoins des particuliers et professionnels, comme l’a expliqué Ghada Znaidi.
Pour ce qui est de l’amélioration de la satisfaction client, la GAT Assurances a mis en place l’application MyGAT pour le suivi, le sinistre et le remboursement, alors que l’ARS a mis en place un portail et un chatbot pour une meilleure réactivité.
Les différents intervenants ont mis en exergue les risques climatiques, les cyber-risques et les risques économiques, qui exigent une réponse collective.
Dans ce cadre, Mohamed Amine Gaidi (Maghrebia) avait indiqué que « le vrai risque, ce n’est pas la perte de données, c’est la continuité d’activité ».
Sana Attig et Dhia Hachicha ont mis la lumière sur la mutualisation régionale et l’assurance paramétrique à l’étude pour couvrir les catastrophes naturelles, ainsi que le guide FTUSA-INPDP (2023) sur la protection des données personnelles.
Les compagnies adaptent également leurs couvertures. La BNA Assurances a créé l’assurance CATNAT Auto et la couverture cyber selon le niveau de maturité de l’entreprise et la GAT a mis en place l’assurance pour installations photovoltaïques et voitures électriques.
Pour ce qui est du cadre réglementaire qui évolue sans cesse, Amine Fakhfakh a souligné l’adoption progressive des normes IFRS, Solvency II et SBR. La CGA a mis en place une cartographie des risques des compagnies et renforcement du contrôle interne et qualité de service.
En résumé, les mots d’ordre sont « connecter, outiller et protéger ». Il s’agit de la feuille de route d’un secteur en train de changer durablement de dimension.
Écrit par: Meher Kacem