play_arrow
Express Radio Le programme encours
today14/11/2025
Le député Maher Ketari a indiqué qu’après la réunion avec la ministre des Finances au sujet du projet de loi de finances 2026, il est apparu qu’il n’existait pas de volonté d’opérer un changement radical en matière de politique fiscale, ni d’adopter une approche « gagnant-gagnant » à la fois pour les hommes d’affaires et les investisseurs d’un côté, et pour l’État de l’autre.
Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce vendredi 14 novembre 2025, qu’il demande urgemment l’adoption de la comptabilité à partie double dans les finances publiques d’ici deux ans au maximum, car il permettrait de connaître la situation réelle des entreprises et des finances publiques. Il a estimé que le système actuel, basé sur la comptabilité recettes–dépenses, ne fournit aucun détail pertinent et n’est plus adapté.
Il a affirmé que la commission des finances poussera dans ce sens et qu’elle reste ouverte à toutes les propositions de toutes les parties concernées.
Maher Ketari a également évoqué les dispositions du projet de loi de finances 2026 concernant l’impôt sur la fortune, fixé entre 0,5 % et 1 %, indiquant qu’une réunion est prévue avec la ministre des Finances si une étude d’impact est présentée. Il a précisé que des discussions porteront aussi sur des études comparatives, leurs résultats et leurs implications.
Il a assuré que les députés de la commission des finances ne sont pas enthousiastes à l’égard de cette proposition, rappelant que de nombreux pays ont renoncé à cet impôt quelques années seulement après son adoption.
Le député a insisté sur le fait que renflouer les caisses de l’État ne peut se faire que par l’investissement et la croissance économique, ajoutant : « Le citoyen tunisien ne peut plus supporter de nouvelles charges fiscales, et c’est la position actuelle de la commission des finances. »
Par ailleurs, Ketari a évoqué l’internationalisation des entreprises, soulignant qu’il s’agit d’une mesure efficace grâce à l’ouverture sur l’environnement international. Il a indiqué que de grands avantages et incitations fiscales à l’exportation seront mis en place.
Il a aussi rappelé avoir présenté une proposition de nouveau Code de change, visant à simplifier les procédures pour permettre aux entreprises tunisiennes d’investir et de se développer à l’étranger, et pour faciliter la création de filiales tunisiennes hors du pays.
Il a mentionné une autre proposition : la création d’une grande banque destinée à faciliter les investissements à l’étranger pour les petites, moyennes et grandes entreprises. Selon lui, l’ouverture sur la Méditerranée et sur le continent africain exige une telle institution, en plus d’une diplomatie économique forte pour accompagner ce choix stratégique.
« La réussite de la Tunisie dépend de son ouverture sur son environnement, ce qui nécessite un nouveau Code de change et une grande banque. Cela est possible grâce à une vision et une volonté politique… qui font malheureusement défaut aujourd’hui, car les visions des ministres restent limitées et conjoncturelles », a-t-il déploré.
Il a conclu en affirmant que la jeunesse constitue la solution, grâce aux nouvelles technologies, ajoutant que des propositions sont en préparation dans le domaine des technologies à très forte valeur ajoutée, ce qui pourrait permettre à la Tunisie de réaliser des avancées majeures.
Maher Ketari a affirmé qu’il est impossible de se diriger vers l’internationalisation tant que persistent des lois anciennes et contraignantes qu’il n’existe aucune volonté de réformer.
Écrit par: Meher Kacem
impôt sur la fortune Maher Ketari PLF 2026