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Les journalistes tunisiens scandent leur colère

today20/11/2025

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Les journalistes tunisiens ont organisé, ce jeudi, un mouvement national de protestation, sur la place du Gouvernement à la Kasbah ainsi que dans les différentes régions du pays (devant les sièges des gouvernorats), afin d’affirmer l’unité des rangs journalistiques et de défendre la liberté, les droits et la dignité des journalistes.

Les journalistes ont brandi des slogans appelant à la liberté de la presse en Tunisie, à la levée des restrictions entravant le travail journalistique, à l’arrêt des poursuites contre les journalistes en raison de leurs travaux et opinions, à l’abrogation du décret n°54, ainsi qu’à l’adoption des lois fondamentales relatives aux établissements publics de l’audiovisuel.

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a indiqué dans une déclaration aux médias, en marge de ce mouvement organisé à l’appel du syndicat, que les journalistes revendiquent aujourd’hui « le minimum de leurs droits, dans un contexte où ils sont privés de la carte professionnelle », ce qu’il a qualifié de « précédent historique en Tunisie ».

Poursuite des procès en vertu du décret 54

Il a ajouté que les procès et les poursuites se poursuivent encore sur la base du décret n°54, et que les autorités n’appliquent pas le décret 115 aux journalistes, mais recourent au Code pénal, à la loi antiterroriste et au Code des télécommunications.

Dabbar a également souligné que les journalistes étrangers sont empêchés d’exercer leur droit au travail sous prétexte de l’obtention d’autorisations de tournage, alors que ces autorisations n’ont aucune base légale, les journalistes accrédités disposant déjà d’une carte fournie par l’État.

Les médias publics

Concernant les médias publics, le président du SNJT a affirmé que les lois fondamentales encadrant ces institutions sont toujours les mêmes depuis les années 1990, et que les journalistes y sont toujours privés de leurs droits professionnels les plus élémentaires. Faute de réformes, « la volonté est claire de les transformer en outils de propagande et en médias gouvernementaux, ce qui est inacceptable », a-t-il déclaré.

Il a appelé les journalistes à préserver la solidarité et l’unité de leurs rangs, soulignant que « sans cette solidarité, notre existence en tant que journalistes et en tant que profession est menacée de disparition ». Il a précisé que ce mouvement n’est qu’une première étape, d’autres actions suivront.

« Nous devons rester fidèles à nos consciences et à l’éthique de la profession, quelles que soient les circonstances et les pressions », a-t-il insisté.

À travers ce mouvement, auquel participent également des représentants d’organisations de défense des droits humains et des composantes de la société civile, le syndicat appelle à accélérer la finalisation de la composition de la commission indépendante chargée de délivrer la carte de journaliste professionnel, et à remettre aux journalistes leurs cartes professionnelles pour l’année 2025.

Écrit par: Meher Kacem



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