A la une

Kais Nouira : l’Ordre des médecins propose une médiation entre les jeunes médecins et le ministère de la Santé

today02/07/2025

Arrière-plan

Docteur Kais Nouira, membre du Conseil de l’Ordre des médecins de Tunisie, a estimé que les jeunes médecins ont des revendications légitimes et qu’un blocage avec le ministère de la Santé empêche d’aboutir à un accord, ce qui a des répercussions néfastes, notamment sur les patients.

Nouira a souligné, au micro d’Expresso, ce mercredi 2 juillet 2025, que l’Ordre souhaite jouer le rôle de médiateur entre les deux parties afin de trouver des solutions à une situation qui ne peut pas perdurer : « il faut s’asseoir, dialoguer et parvenir à des solutions, avec un discours responsable et constructif. »

Et d’ajouter : « nous proposons une médiation entre les deux parties, car les conditions de travail des médecins sont difficiles… Le mouvement concerne 95 % des jeunes médecins concernés, ce qui signifie qu’il y a un vrai problème qu’il faut résoudre. »

Il a également évoqué le retard dans le paiement des médecins, qui ont des obligations financières, insistant sur la nécessité de régler ces problèmes.

Et de poursuivre : « nous parviendrons à de bonnes solutions, mais le moment n’est pas propice à des communiqués ou déclarations contradictoires ; il faut plutôt un discours constructif. Il est impératif de rapprocher les points de vue. L’Ordre ne se rangera ni d’un côté ni de l’autre, mais restera à équidistance entre les deux. Son objectif est de réussir la négociation. »

Il a également affirmé que ce qui se passe n’est pas sain et qu’il faut progresser, précisant que les conditions de travail des médecins sont très difficiles, notamment dans les régions, les hôpitaux universitaires et en particulier les services d’urgence. Il est indispensable de protéger les médecins ainsi que le matériel médical.

Il a aussi souligné que ce mouvement est un appel à l’aide, car voir près de 7 000 jeunes médecins se mobiliser signifie qu’il y a un problème à résoudre rapidement, avec des solutions concrètes à mettre en œuvre selon un calendrier précis.

Par ailleurs, il a mis en garde contre l’exode des médecins, affirmant qu’il est nécessaire de les retenir et de les motiver à rester.

Il a précisé que la présidente de l’Ordre allait entrer en contact avec l’Organisation des jeunes médecins et le ministère de la Santé pour proposer une médiation.

Et de conclure : « nous sommes fiers des compétences tunisiennes et nous devons les préserver. Nous ferons tout notre possible pour sauvegarder ce capital national. »

Pour rappel, les jeunes médecins mènent actuellement une série de mouvements de protestation, notamment le boycott des centres de stages, à la suite d’un ensemble de revendications, et en l’absence d’un accord avec le ministère de la Santé.

Le président de la République avait insisté, lors de sa rencontre hier avec le ministre de la Santé Mustapha Ferjani, sur la nécessité d’élaborer rapidement un nouveau cadre juridique garantissant les droits des médecins, du personnel paramédical et des agents, tout en préservant leur dignité. Il a souligné que « la Tunisie est fière des diplômés de ses facultés de médecine, qui rayonnent à travers le monde. La preuve : de nombreux médecins et cadres paramédicaux tunisiens travaillent à l’étranger, et les plus prestigieuses facultés de médecine n’hésitent pas à les recruter. »

Ce matin, l’Ordre des Médecins a publié un communiqué dans lequel il a indiqué qu’en vertu de sa responsabilité morale et professionnelle, l’Ordre des Médecins annonce sa pleine disponibilité à jouer à nouveau le rôle de médiateur neutre et efficace entre les jeunes médecins et les autorités concernées, dans le cadre d’un dialogue sérieux et responsable.

Écrit par: Meher Kacem



Podcasts

Logo Express FM